• Français

Cap Sud veut faire de l’eau avec du soleil – Le Dauphiné

Cap Sud veut faire de l’eau avec du soleil – Le Dauphiné

04 juil. 2016

Cap Sud veut faire de l’eau avec du soleil – Le Dauphiné

posté par: Administrator

À Vaulx-Milieu, l’entreprise Cap Sud propose des solutions de production d’énergie photovoltaïque. Mais pas seulement. Depuis plusieurs années, elle s’engage dans des actions humanitaires. Dans ce cadre, elle vient de créer un dispositif qui permet de fournir eau et électricité dans des secteurs qui en sont privés.

Faire du business, une nécessité, mais pas une fin. Ne pas avoir honte de gagner de l’argent, mais ne pas se contenter de dormir sur un matelas de billets frais en toisant avec fatalité la misère du monde.
Depuis longtemps, Stéphane Gilli s’investit dans le développement économique et dans l’associatif, avec un penchant affirmé pour l’humanitaire. Depuis une dizaine d’année, il renforce cette implication au travers du groupe Cap sud la société de production d’énergie photovoltaïque qu’il dirige depuis Vaulx-Milieu. Et depuis quelques jours, cet engagement a trouvé un nouvel écho grâce à ALTES, « l’arbre de vie » que produit son entreprise.

Cet arbre est en fait un dispositif photovoltaïque qui va permettre de produire de l’électricité et de l’eau, en autonomie, quel que soit l’endroit de la planète. L’idée a germé dans l’esprit du chef d’entreprise nord-isérois il y a environ un an. « Je réfléchissais au fait qu’il faudrait inventer un système qui puisse s’adapter à tous les endroits où on manque d’eau. » En quelques coup de crayon, il imagine alors un élément métallique, aux branches qui se terminent par des panneaux photovoltaïques, à l’intérieur duquel une résistance produit du froid. En contact avec de l’air chaud, elle génère de la condensation et donc de l’eau. « Le système existe déjà en Afrique, mais il faut le brancher. Notre idée, c’est de mettre des panneaux photovoltaïques et donc que le système soit autonome », détaille Stéphane Gilli. Après un bon coup de pouce des salariés de cap Sud, une année d’études et de mise ne production presque 100% locale (il a été assemblé à Vaulx-Milieu, peint aux avenières et recouvert de cellules photovoltaïques la plupart du temps produites par Photowatt à Bourgoin-Jallieu), l’arbre de vie vient donc d’être livré. Il devrait pouvoir fonctionner partout, même dans une zone touchée par une catastrophe naturelle. Et c’est là la deuxième étape du projet de Stéphane Gilli : que ces arbres bénéficient à ceux qui en ont besoin sans qu’ils aient à payer. C’est ainsi que la fondation Manentena (« espoir » en malgache) fruit d’une association entre Cap Sud et son partenaire Solstice groupe, a vu le jour. Cette structure veut « mettre en place des solutions techniques permettant d’utiliser l’énergie infinie du soleil à des fins humanitaires ». Et l’arbre de vie ALTES sera le premier équipement qu’elle distribuera. « La première dotation, constituée d’une dizaine d’arbres, ira à deux villages du sud-est et du centre-ouest de Madagascar. Ensuite, nous aimerions donner trois arbres par an à différentes causes », précise Stéphane Gilli. Pour financer cela, il s’engage à ce que son entreprise verse 2 euros par kilowattheure produit à Manentena. Mais il sait que la bonne volonté ne suffira pas. « Pour que l’associatif soit efficace, il faut de l’argent ». Alors, pour que la guerre ait son nerf, il commercialisera aussi le fameux arbre, notamment sous des versions plus « ludiques ». « Chaque année, cap Sud investit 20 000 à 30 000 euros dans l’humanitaire. Mais on n’est pas une grosse boite. La priorité reste de faire vivre l’entreprise et nos salariés. L’aide à la fondation, c’est un plus. Mais on se dit que plus on vendra d’arbres, plus on diminuera les coûts et plus on pourra proposer d’arbres pour des projets humanitaires ». Stéphane Gilli espère bien être suivi dans son enthousiasme et attirer les donateurs. Convaincu qu’aujourd’hui, il faut associer économie, écologie et social, que « c’est ça, le développement durable ».

Un patron habitué des causes humanitaires

Il n’est pas de tous les combats, mais à 44 ans, il touche sa bille en matière d’humanitaire. Voilà maintenant plus d’une dizaine d’année que Stéphane Gilli gravite dans ce milieu où s’entremêlent la cause des hommes et celle de la nature. De Madagascar aux Iles Féroé, Stéphane Gilli a mis une partie de son temps et de son argent au service des autres. En 2006, ainsi, il a été aux prémices de l’aventure Pachamama. Ce carcassonnais ascendant Montpelliérain a ainsi suivi l’ancien patron du XV de France, Jeff Tordo, à Madagascar. Sur place, ils ont découvert la tragédie des jumeaux maudits, que l’on abandonne ou élimine dès la naissance, parce qu’une légende locale leur fait porter malheur. Pour eux, l’association Pachamama a financé un orphelinat. Aujourd’hui, c’est un vrai pilier de l’Iles rouge qui mène des programmes de réinsertion, via le rugby notamment, et d’éducation environnementale. Plongeur passionné, Stéphane Gilli défend aussi la cause des océans. En 2013, on l’aperçoit notamment aux côtés des activistes de Sea Sheperd avec le très médiatique Paul Watson. Il se mobilise ainsi contre les massacres de dauphins globicéphales aux iles Féroé, en inventant une balise à énergie solaire qui éloigne les mammifères marins des côtes où la tradition veut qu’on les massacre. Ce séjour pas vraiment touristique dans l’archipel danois, lui vaudra de passer quelques heures dans les geôles féringiennes.
Solide comme le talonneur du Succieu Terres Froides qu’il est, Gilli ne fléchit pas pour autant dans ses convictions sur l’impérieuse nécessité d’agir sur le plan écologique et social, à l’avenir : « C’est notre responsabilité d’humain de compenser les conneries qu’on a faites. »

Un management atypique pour un groupe en croissance

Lorsque l’arbre de vie est arrivé à Cap Sud, il y a quelques ours, Stéphane Gilli, Léo Pesteil (responsable du développement) et Nicolas Marmonier (responsable logistique) ont presque versé leur petite larme. La faute au travail engagé sur le projet depuis des mois, à l’esprit d’équipe. Une valeur que Cap Sud aime bien cultiver.
La preuve, les trois premiers salariés de la société sont toujours dans l’entreprise. Marina, de la communication, a un bandage sur la main à cause d’une partie de foot entre collègues. Dans la salle de réunion, sont intégrés dans le mur, les dessins des enfants des salariés, qui donnent leur vision du développement durable…Bref, chez Cap Sud, on joue la carte start-up environnementaliste à fond. « Après plusieurs années à la tête d’entreprises, je me suis rendu compte que j’étais avant tout heureux en étant dans l’associatif, se souvient Stéphane Gilli. Je me suis alors dit qu’il fallait que je crée une boite qui soit en adéquation avec ça. » Et ça a plutôt pas mal marché.
Cap Sud compte désormais 46 salariés et l’honorable chiffre d’affaires de ses débuts (220 000 euros en 2006) a considérablement gonflé. Il était de 18.8 millions d’euros en 2015. Le Président voudrait qu’il soit de 25 millions en 2016. Pour atteindre cet objectif, l’entreprise veut continuer de développer, un peu partout en France mais aussi dans le monde, ses solutions de production et de gestion d’énergie photovoltaïque. Après avoir ouvert des agences en Ukraine, en Tunisie et au Portugal, elle vient de créer une filiale au Brésil. Stéphane Gilli fonde de gros espoirs en elle : « il y a un vrai potentiel. Au Brésil, l’électricité est chère, le réseau électrique est de mauvaise qualité et il y a beaucoup de soleil. Tout est là pour le photovoltaïque ! »

En savoir plus sur ALTES Faire un don à MANENTENA