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OMBRES & LUMIÈRES – Épisode 6 « 2 degrés » – partie 2

OMBRES & LUMIÈRES – Épisode 6 « 2 degrés » – partie 2

15 mars 2016

OMBRES & LUMIÈRES – Épisode 6 « 2 degrés » – partie 2

posté par: Administrator

« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque. Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte. Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 6 : ‘2 degrés’ – partie 2

Maintenant que nous avons répondu à la question 1 de la dernière chronique , attachons-nous à répondre à la question 2 et la question 3.

Les mesures prises sont-elles suffisantes pour réduire nos rejets de GES ?
Que se passera-t-il avec 2 ° d’augmentation des températures ?

Pour répondre à la question 2, il semble hélas que les mesures prisent lors de la COP 21 ne soient pas suffisantes et le GIEC table plutôt sur une augmentation de 3° à 4° d’ici la fin du siècle.

Néanmoins, « plusieurs pays se sont engagés à atteindre 100% d’énergie renouvelable en 2030 » nous dit le gouvernement sur son site.
Super !! Hélas, quand on y regarde de plus près ce sont des pays qui ne produisent quasiment pas de GES, comme le Vanuatu, le Cap Vert, le Samoa, la Nouvelle Guinée qui s’y sont engagés.
A cela on nous répond « oui mais les pays industrialisés se sont fixés des objectifs afin que l’utilisation des énergies renouvelables ne soient plus un appoint mais un vrai système d’approvisionnement ».
Les engagements pris sont, d’une part, très en deçà de ce qui pourrait être fait, et d’autre part, les états se laissent 15 années pour la mise en place de ces objectifs. Des objectifs qui ne sont pas des engagements fermes.
La Chine, par exemple, ne parle que de stabilisation de ces rejets et qu’à partir de 2030.

Tout de même « des pays comme la côte d’ivoire, le Mexique, mais surtout le Brésil ont prévu de lutter activement contre la déforestation » … Hélas là aussi, des objectifs fixés pour 2030.
Le Brésil vient même de céder quelques nouvelles concessions à des exploitations forestières réputées pour leur mépris des règles environnementales.

J’arrête là les exemples car il me faudrait 4 chroniques.

Bon ! Maintenant admettons que dans un grand sursaut d’intelligence collective, nous prenions la meilleure solution pour lutter contre le réchauffement climatique. Cette solution est simple il suffit de laisser les énergies fossiles là où elles sont. C’est-à-dire dans le sol.
Oui bon je rêve un peu…Bon, mais admettons quand même, comme dirais Bigard avec son histoire de chauves-souris enragées, admettons donc qu’a la faveur de cette grande résolution (laisser à maxima 80% des réserves de Gaz et de Fioul dans le sol) nous réussissions à contenir l’augmentation des températures à 2°, que se passerait-il ?

Très rapidement les moussons de l’Inde et d’Afrique seront irrémédiablement perturbées.
L’agriculture mondiale sera, elle aussi, complétement chamboulée.
En France, par exemple, peu de vignobles survivrons. Les vins dans la vallée du Rhône, deviendront le vin des alpages.
La calotte glaciaire arctique disparaitra et la montée des eaux sera supérieure à 40 cm.
Les réfugiés climatiques, qui auront pourtant un habitat « les pieds dans l’eau », migreront à grande échelle vers un habitat « les pieds au sec ».
L’Europe qui n’est pas une île devra accueillir de grés ou de force 60 millions de réfugiés.
Ensuite les forêts boréales et amazoniennes disparaîtront. El niño déjà bien capricieux ces derniers temps deviendrait totalement ingérable.
Le permafrost fondra et libérera des quantités phénoménales de méthane.
Les compagnies d’assurance refuseront peut-être même de couvrir le risque climatique devenu trop couteux. Plus de 5 000 milliards de dollars par an selon le rapport de Nicholas Stern.

Le réchauffement est à présent une fatalité, quoique nous fassions il aura lieu.
Nous ne pouvons plus que déterminer sa puissance et se préparer aux conséquences.
Le réchauffement est une résultante de l’activité humaine et personne ne peut plus rien pour le stopper.
Nous ne pouvons pas nous mettre autour d’une table et demander à dame nature de négocier, nous n’avons qu’une seule alternative réaliste c’est de sortir immédiatement de l’âge fossile.
La préhistoire à eu son âge de pierre, nous avons notre âge du fossile. Il faut passer à l’âge de l’énergie renouvelable et cela très rapidement il n’y a pas d’autres alternatives…