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COP23 : un bilan en « demi-teinte » selon Nicolas HULOT

COP23 : un bilan en « demi-teinte » selon Nicolas HULOT

22 nov. 2017

COP23 : un bilan en « demi-teinte » selon Nicolas HULOT

posté par: communication

Du 6 au 17 novembre 2017 a eu lieu la 23 ème Conférence des Parties des signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Cette année, la conférence annuelle présidée par la République des Fidji a eu lieu à Bonn en Allemagne et a réuni plus de 25 000 négociateurs et observateurs climatiques pour les 196 pays signataires de l’accord de Paris.

Face à l’urgence climatique à laquelle nous sommes confrontés, l’ambition de la COP23 était de « viser plus loin, plus vite et tous ensemble » , qu’en est-il ?

3 objectifs principaux étaient à l’affiche de la COP23 :

Le premier était d’élaborer les règles permettant l’application de l’accord de Paris dont l’engagement est de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C par rapport au niveau préindustriel.
Ce premier objectif est relativement atteint car le recueil de règles doit être publié lors de la prochaine conférence sur le climat à Katowice (Pologne), en automne 2018 .
De plus, l’outil appelé le « dialogue Talanoa » , mot traditionnel fidjien de « tala », « raconter » et « noa », « librement » a été créé pour suivre l’évolution des engagements de chaque pays à l’échéance 2020. Un compte rendu de chaque action entreprise est attendu lors de la COP24.

Le deuxième objectif était de relever l’ambition des engagements des Etats car les derniers rapports montrent que les « efforts » initialement prévus ne suffiront pas pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. A ce sujet, nous pouvons noter l’annonce de la création d’une alliance « Powering Past Coal Alliance » entre vingt-cinq pays dont la France, le Royaume-Uni, le Canada ou encore le Mexique pour sortir graduellement de leur dépendance au charbon, énergie très polluante. « C’est un signal positif de l’élan mondial contre le charbon », a réagi Jens Mattias Clausen, de Greenpeace.

Et le troisième objectif de cette COP23 surnommée « COP du pacifique » était d’obtenir des avancées sur les « pertes et dommages » que subissent les pays du Sud , pays en première ligne du réchauffement climatique. Le résultat est sans appel, ce sujet stagne, et notamment la solidarité financière attendue de la part des pays du Nord . Même si l’Allemagne a promis de réinjecter 50 millions d’euros dans le fond d’adaptation et 50 autres millions dans le fond pour les pays les plus vulnérables, les autres pays du Nord sont restés muets. Ces sujets seront donc abordés durant le sommet de Paris le 12 décembre prochain et la France est attendue au tournant.

Dans ce sens et face au retrait des Etats-Unis (2 ème pays émetteur de gaz à effet de serre) de l’accord de Paris, le Président français Emmanuel MACRON affichait avec détermination sa volonté de changer les choses : « Je souhaite que l’Europe se substitue aux Américains. Malgré leur retrait, pas 1 centime ne manquera au GIEC le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. La France sera au RDV. » Il ajoute que « Le seuil de l’irréversible a été franchi » et donne rendez-vous à Paris le 12 décembre au One Planet Summit pour faire avancer les engagements : « aux causes humaines du réchauffement climatique, nous apportons des solutions humaines. Déterminés à prendre nos responsabilités pour le passé et des actions pour notre futur. »

Le ministre de la Transition Écologique Nicolas HULOT a déclaré : « Face à l’urgence, les progrès ont été trop lents, et notamment par rapport à l’alerte des scientifiques (…). Alors il faut accélérer l’action », « C’est une course contre la montre et la parole de vérité c’est la COP24 en Pologne ».