Épisode 11 Les Champions

« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque. Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte. Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 11 : "Les Champions"

On est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions !!!!!
Nous sommes en effet les champions européens d’hectares de forêt brulées en 2017 .
Nous sommes revenus au triste et historique record de 1997 où 8 000 hectares de forêt sont partis en fumée. 8 000 hectares représentent la surface de 11 430 terrains de rugby.  Ce triste exploit n’est pas une vraie surprise et avait été prévu par le super calculateur de la Nasa, le Discover. Evidemment, le puissant ordinateur n’a pas conclu que nous réaliserions cette belle performance précisément en 2017. Mais il avait calculé que malgré l’amélioration des délais d’intervention et la mise en place de moyen plus modernes pour lutter contre le feu, les incendies causés par le réchauffement climatique seraient plus destructeurs et plus nombreux ces prochaines années.

Les éléments qui régissent le climat sont tellement nombreux et complexes que même ce type de super calculateur n’arrive pas à anticiper avec certitude le climat des années futures.
Aussi, afin de prévoir les impacts du réchauffement climatique, quatre scénarii sont envisagés : une augmentation des températures de 2°, 3°, 4°et 5° d’ici 2100.
Malgré ces différentes hypothèses, il est quasi impossible de déterminer avec précision notre avenir climatique qui ne dépend pas uniquement de l’activité humaine.
Alors comme nous ne savons rien, chacun y va de ces prédictions et de ces interprétations. Pour d’autres (de moins en moins nombreux) le réchauffement climatique est une arnaque permettant la mise en place de budgets inutiles.

Où est la vérité ? Quelle sont les causes du réchauffement climatique ? Mais surtout que va-t-il modifier de notre avenir ?

Plus je travaille sur le sujet et moins j’ai de certitudes. J’ai lu de nombreux articles, j’ai participé à des conférences, rencontré des spécialistes sur le sujet, entendu de nombreuses et différentes conclusions.

Une chose est pourtant sûre et ne peut être remise en cause : Les températures à la surface du globe augmentent. Comment l’interpréter ?

Puisque je n’avais aucune certitude et que je n’en pouvais tirer aucune conclusion, j’ai donc décidé d’étudier notre passé et les incidences du climat dans l’histoire de l’homme. C’est non seulement passionnant, mais aussi très instructif.
Pour connaitre le futur regardons donc vers le passé.

Le climat a toujours façonné notre planète et toutes les formes de vie. De l’homo erectus à ce jour les conditions climatiques ont toujours été sources de prospérité, de disette, de paix, de conflit, de pauvreté, de richesse. Elles ont été responsables de grandes migrations d’hommes et d’animaux.
Il y 60 000 avant JC la terre connaissait un période glaciaire. Les températures moyennes étaient inférieures à 5 ° de celles d’aujourd’hui. La banquise arrivait alors au nord des côtes françaises et il était possible de se rendre en Angleterre en marchant sur la glace. Le niveau des mers était inférieur de 100 mètres.
Pourtant quelques dizaines de milliers d’années plus tard et jusqu’à ce jour la terre se réchauffa, la glace fondît, la mer reprît sa place et le climat se modifia inexorablement.
Difficile à cette époque d’attribuer à Sapiens (qui avait déjà détrôné Neandertal) d’être à l’origine du réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique est-il donc bien issu d’une cause naturelle ? Et laquelle ?

La terre tourne autour du soleil, je ne vous apprends rien. Même si un courant géocentrisme demeure bien ancré chez certains fanatiques cela ne peut plus être remis en cause raisonnablement. La terre décrit donc une rotation autour du soleil. Mais sa course n’est pas régulière elle évolue sensiblement tous les 100 000 ans. L’axe de la terre se modifie elle aussi environ tous les 40 000 ans. Ces variations entrainent des différences de températures de l’ordre de 2°. Les courants marins ont encore la plus grande influence sur notre climat. Ils peuvent modifier de 4°à 6° les températures. N’oublions pas que 5° est la différence entre traverser la manche à pied ou à la nage.

Le réchauffement climatique et les saisons ont permis à la terre de connaitre une grande prospérité et à l’homme de se sédentariser grâce à la culture des céréales et à l’élevage. Fini les longues marches quotidiennes pour trouver la nourriture, fini les marathons journaliers à la poursuite des proies.
L’homme a eu beaucoup plus de temps pour s’organiser socialement, se répartir les tâches et un peu plus tard, pour jouer à la PlayStation.
L’homme créa des machines ayant besoin d’énergie pour fonctionner, il utilisa d’abord le bois, puis le charbon, le fuel et le gaz afin d’être plus performant et d’améliorer ces conditions de vie.

Le climat change, la terre se réchauffe sous la conjonction de causes à la fois naturelles (axe et rotation de la terre), mais aussi de l’activité humaine.
A ce stade, nous avons réconcilié les deux courants qui s’affrontent afin de savoir si le réchauffement climatique est dû à l’activité humaine ou issu de cause naturelle. Je répondrai donc à la question de la responsabilité de l’activité de l’homme ou du cycle naturel ? « Les deux mon capitaine ».

Passons à présent au cœur de cette chronique, la relation entre l’homme et le climat dans l’Histoire, et les enseignements que nous pourrions en retirer pour prévoir le futur, puisque même les supercalculateurs en sont encore incapables.
Commençons en 9 000 avant JC.
Depuis plusieurs milliers d’années les températures ont augmenté. Les grands glaciers du nord de l’Amérique se sont transformés peu à peu en un titanesque lac d’eau douce qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Le soleil ayant fait son œuvre, la barrière de glace se fragilise et se brise, libérant ainsi une formidable quantité d’eau douce dans l’atlantique. Le Golf Stream ne circule plus et cela va bouleverser profondément la végétation. Dans la région du croissant fertile s’installe un froid sec. Ne recevant plus de précipitations, les céréales qui assuraient la majeure partie de subsistance des hommes, disparaissent. Les survivants n’ont d’autres choix que de s’exiler. De grandes migrations les emmènent notamment en Europe de l’ouest et en Asie ou les pluies demeurent suffisamment abondantes.
A cette époque, une région portant fertile, boisée, alimentée par de grand cours d’eau et d’innombrables lac va disparaitre en se transformant en un désert de sable fin.
Le Sahara est né….