« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque. Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte. Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 8 : "Tradition de Noël"

Allons-nous mourir ?

Poser la question est évidemment y répondre. Mais je ne veux pas parler de l’individu que nous sommes tous, mais de l’humanité.
La surpopulation, notre frénésie consommatrice, la pollution, le réchauffement climatique, une météorite ou l’invasion de petits hommes verts auront-ils la peau de l’animal humain ?
Sans aller jusqu’à l’invasion extraterrestre, il semble que nous ne conservions pas encore longtemps notre modèle de vie intact sans un changement profond et peut-être violent de nos habitudes.
Notre consommation n’est pas en adéquation avec les ressources de notre planète. Nous dépensons beaucoup plus que nous gagnons.
En 2016, nous étions à découvert environnemental le 8 août. C’est ce que l’on appelle communément le jour du dépassement. C’est-à-dire que le 8 août, l’humanité avait consommée la totalité des ressources que peut renouveler la terre en un an.

Chaque fin d’année, et plus particulièrement celle-ci, je suis consterné par cette débauche de consommation qui fait que le réveillon de Noël et le trente et un décembre sont traditionnellement des repas orgies où la table et les estomacs doivent déborder jusqu’à écœurement afin de satisfaire convives et hôtes.
Combien d’animaux sacrifiés, de millions de tonnes de carbones utilisés vainement pour que nos poubelles débordantes du lendemain de fêtes nous rappellent les kilos que nous devrons perdre après les excès des derniers jours.
Quel sens donner au gaspillage traditionnel, à la débauche absurde de plats, mets et desserts en tous genres que même les estomacs des plus aguerris ne peuvent engloutir ?
Quel sens donner à la profusion de cadeaux vains et inutiles qui finiront bradés dans les petites annonces de EBay ?
Comment une fête sociale, traditionnelle et familiale est devenue cette ruée consommatrice ? Dans laquelle même l’acte d’achat de Noël est devenu un fardeau, un vrai parcours du combattant, un nouveau stress afin de trouver le dernier, le plus beau, le plus original des cadeaux.

Si je refuse de participer à la frénésie d’achat, je passe pour un marginal et si je préfère une bonne soupe de légumes à un repas de réveillon, je passe pour un mélancolique.

Ne pas respecter la tradition, est-ce si mal ?
Mais qu’est-ce donc la tradition ?

Le LAROUSSE nous dit « Ensemble de légendes, de faits, de doctrines, d’opinions, de coutumes, d’usages, etc.…Transmis oralement sur un long espace de temps ».

Mais alors, la tradition ne serait donc rien de plus qu’une habitude ? Il ne tient donc qu’à nous de changer nos habitudes. Nous l’avons déjà tous fait.
L’esclavage était une tradition, nous avons changé cela. La tradition dans certaines tribus de Nouvelle Guinée était l’anthropophagie. Au contact de la civilisation moderne, leur tradition a disparu.Excision, violence envers les femmes, etc… La liste des traditions ahurissantes qui ont disparu de nos jours est fort heureusement très longue.

Il ne s’agit certainement pas de supprimer Noël et le jour de l’an, cela n’a aucun sens. Noël est une fête magnifique et féérique, un rendez-vous important pour de nombreuses familles. Mais Noël c’est aussi l’esprit de Noël. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Le lien, le partage, la courtoisie, le respect, le bien-être des nôtres. Où est-il ?
Doit-on continuer à faire de Noël, la grande hécatombe de fin d’année où chapons, canards, oies chevreuils, saumons, etc…sont massacrés par millions pour nous permettre de célébrer « dignement » les fêtes de fin d’année.La manière dont nous fêtons Noël et le jour de l’an n’est pas digne de nous et ne correspond pas à la réflexion d’Êtres censés.
Ni le sacrifice consenti par ces millions d’animaux (60 milliards par an), ni la frénésie de cadeaux qui font que nos enfants passent pour des demeurés à l’école lorsque le père Noël n’a pas livré la derrière version de l’iPhone ou le dernier modèle de le PS4, ne peut nous apporter le bonheur.
Ne pourrions-nous pas faire différemment ? Plus sobre, plus modeste, plus respectueux ? Devons-nous continuer à grossir le troupeau bêlant des « consommons plus pour exister » ? Consommer plus, ne nous fera pas vivre mieux. C’est même l’inverse.

La tradition de Noël est devenue un produit. Tout n’est que produit. Même nos sages paysans ont disparu et sont devenus des exploitants agricoles, qui même avec l’appui des dernières technologies mécaniques et chimiques n’arrivent même plus à vivre de leur labeur.

Qu’avons-nous fait de notre intelligence en 2016 et qu’allons-nous en faire en 2017. Pourrons nous mettre à profit notre libre arbitre, notre propre réflexion ? Resterons-nous prisonniers de nos traditions, même celles qui ont été galvaudées ? Ou pourrons nous adapter nos traditions et nos habitudes aux immenses, et pourtant insuffisantes, ressources de notre planète ?