« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis Septembre 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque. Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte. Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 6 : '2 degrés' - partie 1

Avant toute chose, je vous souhaite en mon nom et celui de toute l’équipe Cap Sud nos meilleurs vœux.
Je vous souhaite la santé car on ne peut la maitriser. Pour le reste nous aurons ce que l’on mérite.

La chronique de janvier serait trop volumineuse, je propose donc de passer à deux publications mensuelles au lieu d’une .

 

La COP21 s’est achevée hélas comme je l’avais décrit lors de ma précédente chronique, avec une série de demi-mesure largement insuffisante pour lutter contre le réchauffement climatique directement lié à l’activité humaine.

Les objectifs que se sont fixés les 195 pays sont de limiter la hausse des températures en deçà de 2° et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1.5° ».

Je trouve curieux que les médias qui traitent cette information n’expliquent pas l’incidence réelle d’une augmentation de 1.5° de 2° ou 3°. Comme si l’objectif de 2° était une finalité et la solution à tous nos problèmes climatiques.
J’ai la désagréable impression que l’on nous rejoue le « dormez tranquille, nous avons un bon accord et la solution pour sauver la planète, c’est 2 degrés ». Circulez, ou plutôt consommez, il n’y a plus rien à voir. Une peu comme les nuages radioactifs de Tchernobyl bloqués à la frontière.
Ok ! Je veux bien circuler et consommer, mais j’aimerais avoir la réponse à une question simple qui est :
Quelle est l’incidence d’une augmentation de 2° sur ma vie au quotidien ?

Curieusement il est très difficile d’avoir accès à cette information. Pourtant les modèles informatiques sur le sujet sont pléthores.

J’ai pu m’entretenir lors de la COP21 avec un climatologue qui m’informait que 3 à 5 degrés était l’hypothèse la plus crédible de l’augmentation des températures prévues à la fin de ce siècle. Hélas il ne croyait pas en la capacité de l’homme à prendre les mesures nécessaires et surtout en sa capacité à les faire appliquer.

Mais alors :
1/ Avons-nous dans l’histoire de la planète déjà vécu cela ?
2/Les mesures prises sont-elles suffisantes pour réduire nos émissions de GES ?
3/Que se passera-t-il avec 2° d’augmentation des températures ?
4/Que deviendrait la terre avec 5 degrés de plus ?
5/Y a-t-il plusieurs scenarii envisagés ?
6/Quelle est la place de l’énergie dans la production de GES ?
7/Que pouvons-nous faire concrètement ?

La planète a connu sur une échelle de plus de 800 000 années d’analyse (à partir du carottage dans la glace polaire), quatre grandes périodes de réchauffement climatique. Nous sommes actuellement en train de vivre la cinquième .
Parmi une de ces quatre grandes périodes de réchauffement, les températures moyennes étaient même montées jusqu’à 18.5° (source epica), pour une température inférieure à 17° de nos jours.
Les trois autres périodes de réchauffement sont assez similaires à ce que nous vivons actuellement.
De ce point de vue et du point de vue des climatoseptiques, nous n’aurions donc aucune raison d’être inquiet, puisque notre planète a déjà vécu ce type de phénomène.
Hélas une analyse plus fine montre que l e réchauffement n’a jamais été aussi rapide, environ 100 fois plus rapide que pendant les autres cycles de redoux ; mais surtout que l’augmentation des températures a de tout temps parfaitement coïncidé avec la courbe des concentrations de CO2 dans l’atmosphère.
Et c’est là que nous avons un réel problème. La planète n’a jamais connu une telle concentration de CO2.
La plus forte concentration de CO2 que la terre ait connu depuis 800 000 années est de 260 ppm. Cette concentration a occasionné la plus grande augmentation des températures connue. Le fameux pic de – 100 000 à 18.5°.
La concentration actuelle de CO2 est de 400 ppm. A ce taux de concentration plusieurs modèles informatiques prévoient une augmentation de 5° de nos températures en 80 ans.

Une différence de 5° c’est ce qui sépare notre année 2015 de l’âge de glace.
Pas le film, la période glaciaire….