« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis Septembre 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque.
Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte.
Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 5 : 'C'est humain'

A l’heure où j’écris ces lignes, la 21ème réunion de la « conference of the parties » bat son plein.
Comme les 20 premières réunions de ce type, je pense qu’aucune décision ne révolutionnera notre rapport au respect de l’environnement.
Le COP21 sera le vingt-et-unième rendez-vous manqué.

Les pays en développement ne voudront pas que leur croissance soit affectée par des questions d’ordre écologique et demanderont de substantielle subvention. Les pays riches n’accepteront que du bout des lèvres et sur des montants inférieurs à ceux réclamés.
L’énergie de ces pays, souvent bien pourvus en charbon, ne sera remplacée que très lentement par des solutions renouvelables.
Les pays les plus riches prendront, eux, les décisions suffisamment visibles (bancable électoralement) pour montrer aux médias que le COP21 n’est qu’un demi échec.
L’impact bénéfique pour l’environnement sera en réalité très proche d’absolument rien.

En réalité les pays riches qui sont situés dans des climats tempérés subissent bien moins le dérèglement climatique que les pays pauvres.
Il est plus difficile lorsque l’on vit très peu de désagréments d’en être réellement conscient.
C’est humain dirais-je.

Prenez l’exemple de l’humain, le plus pur qu’il soit . Un bébé âgé de quelques mois, comme mon fils, Gabriel.
Si je lui explique que lorsqu’il se rapproche trop de la cheminé, il risque la brulure, il ne retirera en définitive sa main que lorsqu’il se sera brulé ou à minima lorsque la chaleur deviendra trop insupportable.
Habitants des pays riches, nous avons le même problème que Gabriel, nous réagissons lorsque l’effet néfaste prend nettement le pas sur notre avantage immédiat. C’est la brulure pour Gabriel face à l’attraction de la curiosité, c’est le dérèglement climatique pour les dirigeants des pays développés face à l’argent et au lobbying.

Aujourd’hui alors que nous sommes tout proche de la brulure, mais que pour l’instant c’est encore très supportable, nous pensons pouvoir continuer dans cette voie quelques temps encore.
C’est humain vous dis-je, n aturel si j’osais…

Je voudrais être optimiste pour mon fils Gabriel et sa génération, optimiste pour la terre, mais j’ai bien peur que l’humanité tout comme Gabriel attende de se bruler avant de réagir. Ce qui présume d’une situation catastrophique et irréversible pour la planète.
C’est donc pour cela que je suis un fervent promoteur du développement d’une économie écolo-capitaliste . Où l’humain y trouverait un bénéfice immédiat.
C’est un modèle plus facile, plus rapide plus réaliste à développer.
Le temps nous est compté et nous sommes déjà nettement au-delà des limites de ce qui est acceptable pour notre terre.
Pour Gabriel, j’ai dû mettre en place une barrière lui interdisant l’accès, il n’aime pas ça et m’en veut un peu. Mais peu m’importe, je ne suis pas élu, je serai pour toujours son père et je sais que j’ai fait ce qu’il fallait pour le protéger. J’ai pris mes responsabilités…

Ah si nos dirigeants prenaient les leurs…