« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis Septembre 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque.
Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte.
Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 3 : 'Moi, Président'

Nous arrivions à l’aube des élections présidentielles et nous pensions qu’une nouvelle équipe gouvernementale stopperait la dégringolade tarifaire et nous permettrait de vivre de notre activité de façon apaisée.

Non seulement rien ne fut fait, mais le gouvernement de gauche réitéra la contraignante règle du blocage de fond qui ne bénéficie pourtant qu’aux riches.
Le blocage de fond est l’obligation de posséder un somme suffisante pour avoir le droit de demander un raccordement au réseau ERDF. Le montant de cette somme est simple : 600€ par kWc photovoltaïque déposé.

Prenons l’exemple d’un projet de 100 kWc qu’un agriculteur souhaite entreprendre sur son fond, et bien, il devra fournir une attestation bancaire d’un montant de  60 000.00€.

Prenez maintenant le cas de CAP SUD. Nous construisons environ 500 kWc de centrale photovoltaïque par mois. Nous avons en permanence 2 à 3 MWc de projet photovoltaïque en développement. Nous devons donc bloquer la somme minimale de 1 200 000.00€.

Nous n’avons pas toujours cette somme disponible en trésorerie, notre banquier ne nous fera pas d’attestation sans que les sommes soient réellement déposées sur les comptes.
Pour nous cette règle fut synonyme de ralentissement de l’activité et d’un repositionnement vers l’installation de centrales photovoltaïques de 9 kWc qui ne sont pas soumis à cette contrainte de caution.

Je pense que cette règle fut spécialement mise en place pour que l’entreprise EDF ENR puisse posséder d’un nouvel avantage sur une concurrence pourtant moins chère et plus réactive qu’elle.

Pour les petites entreprises et de nombreux particuliers cette règle sonna le glas de leur capacité à développer de façon autonome ou artisanale leur projet.

EDF et son actionnaire majoritaire (l’état) avaient planté une nouvelle fois une banderille dans le dos des entrepreneurs.
Mais la bête avait le cuir tanné, et comme CAP SUD, de nombreuses entreprises trouvèrent la parade.
Les entreprises d’une quarantaine de salariés comme la mienne, ne sont pas très adaptées à l’installation de 9kwc en masse, nous préférons les centrales photovoltaïques de tailles moyennes, c’est-à-dire de 36 kWc à 1 MWc.
Nous avons dû à nouveau nous accommoder d’une règle contraire à nos intérêts et nous nous sommes rapprochés d’un grand groupe financier qui nous à apporter leur caution. Même si cette caution eu un coût non négligeable sur notre résultat, nous pouvions continuer l’activité et sauver nos emplois…..