« Je suis Stéphane GILLI, Président du Groupe CAP SUD. Depuis Septembre 2006 mon entreprise est spécialisée dans la gestion et la maintenance de centrale photovoltaïque.
Fort de mon expérience, je vous propose de vous présenter ma version du monde sinueux et parfois scabreux de la transition énergétique et du solaire photovoltaïque. Vous comprendrez peu à peu tous les enjeux du grand bouleversement qui s’annonce et qui sont et seront les véritables gagnants de la grande vague verte.
Sans concession et sans langue de bois, un nouvel épisode de cette chronique paraitra chaque mois. Je vous invite à réagir et à commenter mes diffusions. »

Épisode 2 : 'Merci les Chinois'

Divisée par deux et complexifiée par des systèmes absurdes d’égibilité et d’intégration, la nouvelle grille de tarification d’achat de l’électricité d’origine solaire devait en principe sonner le glas de la filiale photovoltaïque, ou tout du moins, ralentir fortement sa progression.
La rentabilité ne devant plus être au rendez-vous, nous pensions alors, nous aussi, qu’il serait difficile de continuer à commercialiser des panneaux solaires photovoltaïques uniquement pour leurs aspects esthétiques ou en utilisant la corde responsable et écologique de nos clients.

Mais début 2011, à notre grande surprise, les fabricants Chinois proposèrent des panneaux de qualité équivalente à des prix divisés par 2 ou 3. De nombreux fabricants européens emboitèrent le pas et diminuèrent leurs coûts de 100% à 200%, quasi par miracle.

Nous pouvions donc continuer à vivre de notre métier. Avec moins de marge car de nombreux autres éléments que les panneaux définissent le prix d’une centrale photovoltaïque, mais vivre tout de même.

Il est donc aisé de comprendre que les installateurs, les clients finaux et les contribuables furent, en quelques sortes, les victimes des marges fabuleuses des fabricants, artificiellement entretenues par des tarifs d’achat trop élevés.

S’il y a eu bulle, c’est surtout les fabricants qui en ont bénéficié.

Nous avions pourtant comme voisin l’Allemagne, ancienne championne du monde du photovoltaïque, avec un marché bénéficiant de plus de recul, de plus d’expérience et de plus de visibilité.
Nous aurions pu nous en inspirer dès le départ. L’Europe c’est aussi l’échange et l’uniformisation des règles.

Mais hélas nous avons fait différemment, très différemment, nous avons mal fait, très mal fait…

Avec la baisse du tarif d’achat, compensé par la baisse des panneaux solaires, nous pensions avoir une bonne visibilité de notre activité. Évidemment, nous nous trompions. La baisse du tarif d’achat entama sa longue descente aux enfers et le tarif dégressif au trimestre fut mis en place.

Cela sonna le glas des derniers espoirs de voir les banques reprendre confiance dans un photovoltaïque en mode apaisé et enfin débarrassé des pseudos professionnels du photovoltaïque, du carrelage, de la boulangerie et de toutes autres opportunités.

Néanmoins, les élections présidentielles approchaient, l’espoir renaissait….